Voyager tout le temps

Le voyage est un état d'esprit

Ciel sur les montagnes de Nouvelle-Zélande

Comment je suis devenu Réalisateur de films de voyage.

Cette année, mon premier film de voyage est présenté dans les cinémas du Québec. J’en reviens pas que j’aie écrit cette phrase. Je dois me pincer. Cette… année… mon…premier… film… de… voyage… est… présenté… dans… les… cinémas… du… Québec. Wow! Mais comment en suis-je arrivé là?Affiche du film sur la Polynésie

Semer l’aventure

Comme tout le monde, j’ai de vagues souvenirs de ma prime jeunesse. Je me souviens qu’on jouait beaucoup dehors et que la rue était remplie d’amis. Y’avait qu’à sortir et on était en groupe. Je me souviens aussi qu’on regardait assez peu la télévision. Du moins, j’ai très peu de souvenirs d’émissions qui m’auraient marquées.

Y’a bien sûr les Mystérieuses Cités d’or, surtout la musique juste avant le documentaire de la fin. Cette émission, m’a certainement inconsciemment formée. Cependant, sans me rappeler spécifiquement d’émissions que je regardais, je me rappelle que mes préférées se terminaient invariablement par « Une réalisation de Daniel Bertolino ». Sans savoir qui il était, je me souviens que je voulais devenir lui.

Photo: Marie-Hélène Tremblay – Le Devoir

Je voulais aussi devenir Gary Carter, à la seule différence que je savais qui était Gary Carter, mais je n’avais aucune idée qui était ce M. Bertolino, seulement qu’il était associé à mes plus beaux moments de télé. Je n’apprendrai que beaucoup plus tard qu’il consacrera sa vie à faire découvrir le monde aux Québécois via sa lentille.

La Course autour du monde

Un peu plus tard, j’ai souvenirs de merveilleux moments en famille. Laissez-moi vous décrire la scène. C’est à peu près l’heure du souper et ma mère crie : « Le souper est prêêêêt, quelqu’un peut descendre la télévison??? » Oui, à cette époque on avait des petites télés portatives. Fallait juste faire attention de ne pas se crever un œil avec une des deux antennes, et le tour était joué. La télé sur le comptoir, les trois frères assis pour le souper, la bouffe sur la table, l’émission pouvait commencer : La Course destination monde.Course destination monde

Quelle belle émission à regarder en famille! Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agissait de huit concurrents qui partaient six mois autour du monde avec une caméra et qui devaient produire un film de trois minutes par semaine. Ce film était présenté lors de l’émission et jugé par trois méchants personnages que nous adorions détester. À la fin de la saison, le gagnant était couronné au cumul des pointages. Nous avons ainsi pu observer, entre autres, les premiers pas en cinéma de Denis Villeneuve, Robin Aubert, Ricardo Trogi, Philippe Falardeau et Yves Christian Fournier.

Mais cette émission est restée imprégnée en moi, d’autant plus que ces moments restent parmi les plus beaux souvenirs que j’ai de ma mère. Elle aimait tellement cette émission. Voulant un peu honorer sa mémoire, j’ai tenté à deux reprises d’y participer, sans succès.

Faire MA course autour du monde

Pour diverses raisons, je n’ai plus vraiment repensé à tout cela. Par la suite, l’idée de faire des films autour du monde ne m’est jamais revenues malgré mes nombreux voyages. J’ai eu d’autres passions, d’autres intérêts qui m’ont fait détourner le regard. Mais l’important je crois est que jamais je ne m’étais dit « jamais ». Vous voyez? Du genre frustré qui aurait pu dire « Bon, mon rêve de faire des films de voyage ne se réalisera pas », ou « ce n’est pas fait pour moi », etc. Jamais je ne me suis dit ça.

En fait, je ne le savais pas encore mais Daniel Bertolino avait semé une graine en moi. Ma mère, la Course destination monde, mes études en histoire et mes voyages n’ont fait que l’arroser durant toutes ces années. Je n’ai pas grand mérite, je déteste faire des choses que je n’aime pas. Vous me direz que c’est normal mais à voir tous ces gens qui étudient dans un domaine en fonction du salaire qu’ils gagneront ou qui font un boulot qu’ils n’aiment tout simplement pas seulement pour plaire au regard des autres, je dirais que la norme est plutôt ennuyante. Donc, en faisant presqu’uniquement des choses qui me plaisaient, j’ai nourri mon propre jardin. Beaucoup de fleurs ont éclos dans ce jardin mais je dirais que les fruits commencent à peine à pousser.Fleurs sur la plage de Moorea

Je vous raconte ça comme si tout avait été conscient. Loin de là! C’est Annie, mon amoureuse qui m’a dit une phrase lors de notre dernier voyage qui m’a fait réaliser tout ça. Alors que je revenais vers elle après avoir filmé un événement en Polynésie, elle me lance, petit sourire satisfait sur les lèvres : « Au fond, t’es en train de faire TA course au tour du monde ». Elle avait tout compris.

Tout ce que j’ai fait durant toutes ces années c’est de rester à l’écoute de moi-même. De ne pas trop me renier. De rester heureux dans ce que je faisais. Le reste s’est fait tout seul, ou presque.

Se secouer

En effet, je dis « ou presque » parce qu’il faut bien éventuellement sortir de sa zone de confort. Oui, je fais ce que j’aime dans la vie mais il faut faire attention à ne pas se complaire dans sa prison dorée.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, l’idée de faire un film de voyage est apparue après que j’aie commencé à faire ce film. Ouais, c’est pas clair, je m’explique.

Environ deux ans avant notre voyage de six mois qu’on a effectué en Asie et Océanie, je cherchais un moyen pour éviter que le voyage ne se termine dès le retour. Nos deux petites puces Floriane et Félicia n’avaient que 6 ans et 4 ans lors du voyage et assurément elles n’allaient pas se rappeler de grand-chose. Quoi faire pour en garder la mémoire? Un livre? Des conférences?

En faisant quelques recherches sur internet je tombe sur le site des Aventuriers Voyageurs. Je me dis alors : « Comme ils sont chanceux ces voyageurs qui ont ce talent et ces connaissances leur permettant de réaliser des films de leurs voyages ». Et ça reste là. Sur le même site, je vois qu’ils offrent des formations pour réaliser un film de voyage. Et là je me dis, et ça démontre à quel point je ne croyais pas vraiment que je pouvais devenir réalisateur de films de voyage : « Hey, je pourrais suivre cette formation et en faire profiter mes étudiants de cégep avec qui je pars en stage et qui doivent réaliser une vidéo de leur expérience ». Vous voyez le topo? Pas très sûr de lui le gars.

La réalisation du rêve… et du film

Ciel sur les montagnes de Nouvelle-Zélande
Lumière sur les montagnes – Ile du Sud, Nouvelle-Zélande

C’est durant ces formations que j’ai vu la lumière. C’est durant ces formations que je me suis rendu compte qu’il me serait peut-être possible de réaliser un film de voyage. Peut-être! C’est durant ces formations que j’ai pris la décision : je vais faire un film de voyage. Et moi, quand j’ai pris une décision…

Annie, de son côté est très emballée et comme toujours elle est partante pour une folle aventure. Il m’était important d’avoir sa bénédiction car faire un film ampute quelque peu le voyage et nécessite quelques sacrifices mais elle était aussi enthousiaste que moi. Sachant qu’on ferait ça à deux ça m’aidait à y croire davantage.

Donc, durant les mois qui ont précédé le voyage, on a acheté le matériel nécessaire, on s’est pratiqué un peu et on a présenté le projet aux Aventuriers Voyageurs. « Malheureusement, y’a déjà des films sur cinq des six pays que vous visitez mais si vous voulez faire un film sur la Polynésie française, y’en a jamais eu et les gens aimeraient beaucoup », nous dit Yannick, le grand manitou de cette fabuleuse entreprise de diffusion de film de voyage. Vendu! On aura donc le Myanmar, le Laos, Bali, l’Australie et la Nouvelle-Zélande pour nous pratiquer.

Tout au long du processus, je dois avouer que je n’y croyais pas tout à fait. Je faisais tout pour que ça arrive sans vraiment me mettre la pression de rendre à terme le projet. Puis, les choses se sont faites tout doucement et dans l’ordre. On a voyagé, filmé, visionné, monté, et tout à coup, sans avertissement, sans que ça ne fasse mal, le film était terminé.

J’étais devenu un réalisateur de film de voyage.

Et mon premier film de voyage est présenté dans les cinémas du Québec. J’en reviens toujours pas que j’aie écrit cette phrase.

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